Une année s'achève, et avec elle tous mes espoirs se fondent entre ici et l'infini, j'attends.
Le stress ressenti toute cette année durant, les pétages de plomb, les montagnes de feuilles et de notes que je transportais de café en café, depuis le collège à la maison. Le nombre de verres bus et de cigarettes consumées autour de ces mêmes verres. Les théories à n'en plus finir, sur la littérature ou l'art...
Et tant d'autres moments perdus pourtant tous dans un but, ceux-ci même qui me maintenaient debout, m'obligeaient à faire face... Tout est laissé à l'abandon pour être repris en cours de route d'ici septembre.
Maintenant j'ai le temps. Et comment je me sens après avoir relâché la pression? Comme une coquille vide, dont on a absorbé, dépouillé de toute sa substance. Comme un rat crevé au bord de la route. Je suis désemparée... Rien ne peut me rassurer, je reste devant une page blanche et toutes mes pensées à affronter.
SHIT!
Un été de plus, encore un à se demander que faire de ma petite personne. Comment trier toutes mes notes de BAC ainsi que les regrets des jours hivernaux déjà si loin et récupérables que d'une mémoire lacunaire. Sous la chaleur qui m'insupporte, je me traîne et me rends compte que je ne profite d'aucun instant, à vivre de rêves insensés. Pourtant chaque parcelle de mon corps réclame son dû d'eau fraîche et d'amour, d'une peau contre laquelle se blottir puis cette sensation, plus forte se fait sentir et gronde en moi jusqu'à imploser...
J'ai dans la tête ces résolutions, de bête acculée, car on ne m'a laissé aucun choix, apeurée, mais pleine de haine à vouloir crier l'injustice. J'ai dans le coeur cette contradiction à ma propre dignité, fière d'avouer que je n'ai besoin de personne et qui pourtant sauterait directement si l'occasion se présentait. Face à cette dualité, je me retrouve nue et sans défense, à la merci des loups affamés, qui planteraient leurs griffes dans mon coeur tendre.
De la chair fraîche à savourer, ils trouveraient sous la dent une pâte gorgée d'amertume... Lacérée, blessée, en attente éternelle de la personne qui accueillera mon âme égarée...